Auto, habitation, mutuelle : pour la troisième année consécutive, les cotisations grimpent. Entre événements climatiques, coût des réparations et taxes, les ménages français voient leur budget assurance s’alourdir, sans toujours pouvoir y échapper.
Rédaction Économie · Publié le 29 septembre 2026 · Lecture : 5 min
C’est une ligne du budget qu’on regarde rarement, jusqu’au jour de l’avis d’échéance. En 2026, cette ligne a pris du poids. Selon les estimations de cabinets spécialisés, la cotisation moyenne d’un contrat d’assurance auto s’établirait autour de 563 € par an hors taxes, celle d’une multirisque habitation autour de 325 €. Soit, pour ces deux seuls contrats, près de 890 € avant taxes. Et encore : la moyenne n’existe pas.
563 €Auto · par an, HT
325 €Habitation · par an, HT
+45 %Mutuelle · 2021-2025
Sources : Addactis (projections 2026 auto et habitation, relayées par la presse spécialisée) ; hausse des cotisations de complémentaires santé entre 2021 et 2025 selon des comparateurs spécialisés.
Nº 1Auto : la carte, plus que la moyenne
Le cabinet Facts & Figures anticipe une hausse de 4 à 5 % des primes auto en 2026, Addactis de 4,5 à 5,5 %, et le comparateur Assurland de 5 à 6 %. Les raisons sont connues : davantage d’accidents, pièces détachées et main-d’œuvre plus coûteuses, véhicules toujours plus bardés de technologies. Mais la géographie pèse autant que l’inflation : d’après Assurland, la prime moyenne atteint 905 € en Provence-Alpes-Côte d’Azur, contre 557 € en Bretagne. Un écart de près de 350 euros.
905 € en PACA, 557 € en BretagneUne même voiture, deux factures
Nº 2Habitation : le climat passe à la caisse
C’est la branche la plus volatile. Les estimations vont de 4 à 6 % (Facts & Figures) à 7,5 à 8 % (Addactis), voire 8 à 9 % selon Assurland. Le cabinet Facts & Figures prévient : l’exposition inégale des biens aux aléas climatiques conduira à une forte dispersion des hausses, contrat par contrat. À cela s’ajoute la surprime « Catastrophes naturelles », relevée depuis le 1er janvier 2025 de 12 à 20 % sur les contrats habitation, et de 6 à 9 % sur les contrats auto.
Hausses attendues des cotisations en 2026
Fourchette entre les estimations les plus basses et les plus hautes des sources citées
Auto
4 à 6 %
Habitation
4 à 9 %
Mutuelle
2,5 à 10 %
0246810 %
Sources : Facts & Figures, Addactis, Assurland. Les écarts reflètent des méthodes et des périmètres différents.
Nº 3Mutuelle : un gel… qui n’en est pas un
Ici, la mécanique est politique. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a imposé aux complémentaires santé une taxe exceptionnelle d’environ un milliard d’euros et tenté de geler leurs cotisations. Mutualité française et France Assureurs contestent ce gel, et plusieurs organismes ont tout de même appliqué environ 4,5 % de hausse en moyenne. Le prix « moyen » d’une mutuelle, lui, dépend surtout de qui on est. Selon un baromètre de lecomparateurassurance.com réalisé en février 2026, un salarié de moins de 35 ans paie un peu plus de 57 € par mois, contre plus de 230 € pour une famille et près de 240 € pour un couple de retraités.
| Profil (mutuelle) | Prix moyen mensuel |
|---|---|
| Salarié de moins de 35 ans | 57 € |
| Famille (couple avec 2 enfants) | + de 230 € |
| Couple de retraités | ≈ 240 € |
Source : baromètre lecomparateurassurance.com, février 2026 (9 481 primes analysées). Échantillon issu d’un comparateur, non représentatif de l’ensemble des Français.
Autre mise en garde : selon les sources, le « prix moyen » d’une mutuelle s’étale de 46 € à 122 € par mois. Un écart qui tient aux profils étudiés, selon que l’on inclut ou non davantage de seniors. Un chiffre unique ne dit donc pas grand-chose.
Que faireLes leviers du portefeuille
Face à la hausse, quelques réflexes : comparer à garanties égales (la loi Hamon et la résiliation infra-annuelle permettent de changer plus facilement), ajuster les garanties, envisager une formule au tiers en auto ou une assurance au kilomètre pour les petits rouleurs. Des courtiers et comparateurs avancent des économies de 20 à 30 % pour ces derniers, à prendre avec prudence. Car, comme le souligne l’un des analystes du secteur, les hausses ne sont pas inéluctables pour chaque assuré : fidélité, absence de sinistre et regroupement de contrats pèsent dans la négociation.


